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Méta
Seville, du mardi 22 au dimanche 27 mai 2012
Nous quittons Chipiona à marée basse à 11h pour arriver à 19h devant l’écluse de Séville avec le «merchant boat».
La baie du Guadalquivir est très grande. A l’Ouest la station balnéaire de Sanlucar et, à l’Est un espace de plaine plus sauvage.
A 14h le courant montant commence à nous aider dans notre longue remontée de 50 miles du Guadalquivir. Le paysage est sauvage avec beaucoup de cigognes. de grands troupeaux de chevaux, vaches et taureaux.
Le soleil aplatit le décor. La chaleur et le bruit des moteurs poussés à fond pour arriver à l’heure nous assomment.
Une brise favorable se lève durant une demi-heure et nous déroulons le génois. Nous croisons 2 bateaux de pêcheurs avec leurs grands filets. A 18h le gros cargo qui doit nous permettre notre passage à l’écluse apparaît et nous dépasse 20′ plus tard. A 19h15 nous arrivons à l’écluse … fermée.
Le practico qui gère les passages nous explique par vhf que nous allons passer avec deux autres cargos qui suivent. Nous faisons des ronds avec une petite vedette qui attend également le droit de passer. A 20h15 nous sommes dans l’écluse avec 2 gros mastondontes dont Kikki C (250 pieds) et enfin à 20h45 nous lançons nos amarres à la sympathique équipe de la Sunsail Marina. Il s’agit d’un chantier qui a eu la bonne idée d’aménager un grand ponton et des équipements pour les plaisanciers ayant un tirant d’air supérieur à 16,50 m et pour qui les formalités d’accès à la grande marina de Séville (ouverture d’un pont routier et ferroviaire) prendrait plusieurs jours.
Le lendemain le capitaine profite du chantier pour effectuer quelques menues réparations. L’après midi la vie est en suspens, vers 17h en bons andalous nous sortons et décidons de monter à Séville dans notre bassine rouge avec le moteur électrique 8 km aller-retour . Le port de commerce de Séville est très actifs avec les pétroliers, cargos de transport en vrac et cargos de grosses boites. Nous laissons l’annexe en toute sécurité au club nautique de Séville à gauche après le 2ème pont. Séville nous surprend et nous enchante. Le parc Maria Luisa de l’exposition universelle de 1929 et ses bâtiments sont un havre de paix et de fraîcheur dans cette grande ville très propre. Nous trouvons un supermercado (Mas) au centre qui pourra livrer nos courses à bord. La nuit tombe quand nous sommes à mi-parcours sur le Guadalquivir dans notre annexe sans lumière à bord. Nous ne sommes pas très rassurés auprès des mastodontes qui évoluent autour de nous. La batterie qui a tenu bravement contre vent et courant s’épuise à 100 mètres du ponton, Les biceps et abdos d’Eric prennent le relais. ¼ d’heure plus tard à 23h30 nous rentrons à bord soulagés mais bien contents de notre expédition fluviale et citadine. Nous retournons deux fois à Séville en taxi, compter 20 € AR de la marina au centre ville. L’Alcazar, les bâtiments de l’exposition universelle et la cathédrale avec l’escalade en colimaçon des pans inclinés, grande tour vestige du minaret, offrant une vue à couper le souffle sont les merveilles que nous avons visitées à Séville.
Nous accueillons à bord Pascal, le plus jeune des fils d’Eric et son épouse Naïma qui descendent avec nous le Guadalquivir où nous mouillerons sur ancre en face de Bonanza. Pascal s’y baigne. La température est bonne mais le courant est assez fort; par sécurité Eric lui installe un long bout attaché à un pare battage.
Chipiona, du lundi 21 au mardi 22 mai 2012
Nous quittons la marina de Mazagon sous voile avec un vent de NW force 5 avec des rafales à 6. Au début nous tirons des bords puis le vent tourne et nous terminons notre étape vent arrière génois et trinquette en «papillon».
L’accès au ponton d’accueil de Chipiona est aisée, la secrétaire nous aide dans la préparation de la remontée du Guadalquivir et prend contact avec un pilote qui lui indique l’heure d’ouverture de l’écluse de Séville qui ne s’ouvre que pour les cargos en tolérant les voiliers qui arrivent au bon moment. Une marinera nous indique notre ponton et nous aide à l’amarrage.
A 17h le soleil tape dur, mais nous allons dans la ville nous équiper de la clé 3G espagnole pour avoir internet à bord. Chez vodafone, c’est long et laborieux mais nous y arrivons. Chaque pays a une clé 3G différente, voici notre 5ème en deux ans. Courses et retour au port à 21h, fatigués, nous optons pour un dîner dans le seul petit resto du port ouvert qui est très bien.
Magazon, du vendredi 18 au lundi 21 mai 2012
Nous descendons très rapidement le Guadiana (3h30) avec le courant et les moteurs. Nous sommes contents de hisser les voiles à la sortie de l’estuaire vers 11h. Le vent forcit force 6 et nous prenons un ris et 4 tours dans le génois pour arriver à 16h au ponton d’accueil de la marina de Mazagon à la voile. Cette marina neuve est au ¾ vide. La ville éloignée n’est pas vraiment accueillante et donne une mauvaise impression. En fait il n’y avait rien le long de cette plage, les espagnols ont construit récemment une marina et une ville moderne non finie et sans âme, « faute à la crise ». Une mauvaise étude de marché donne ce résultat assez malheureux. Le lendemain nous allons nous baigner sur la belle plage à l’est du port, l’eau est à 24°. Nous allons dans un pub sympa de la marina équipé du wifi.

Nous y retrouvons l’équipage de Balbuzard, un voilier Wauquiez que nous avons souvent croisé sur notre route. Il sont allemands et vont laisser leur bateau prochainement au ponton à Cadix pour rentrer travailler. Comme eux nous dînons de tapas délicieuses et d’une tarte au pomme pour un prix modique. Le jour du départ à 8h nous trouvons du pain frais et de l’eau dans un café du port.
Pomarão, du mercredi 16 au vendredi 18 mai 2012
16 au 18 mai 2012 Pomarao Remontée du Rio Guadiana
Le Guadiana est l’un des deux fleuves frontières entre l’Espagne et le Portugal avec le Mihno. La veille le chef de la marina nous a recommandé de passer le pont du Guadiana à 9h début de marée montante. Nous avons vérifié le tirant d’air de l’Ericante : 19 m tout compris. Le tirant d’air du pont est donné pour 22 mètres. A 10h nous passons légèrement stressés sous le milieu du pont. Ouf il restait un petit mètre entre le tablier du pont et l’antenne VHF.
Le côté espagnol est beaucoup plus construit tandis que la rive portugaise est plus agricole et moins aménagé. A mi-parcours une zone de mouillage est occupée par des bateaux étrangers ancrés solidement avant et arrière, certains semblent être là depuis quelques années. Nous arrivons à 14h30 au bout de notre navigation, Pomarão rive espagnole mais village portugais. Tout ce qui est au Sud est espagnol et au Nord portugais. 2 pontons, un hameau et le café du quai. A peine amarrés nous nous précipitons vers le café. Normalement le mercredi c’est fermé mais le cafetier qui parle bien français attend une livraison et nous propose un repas rapide à base d’une excellente tranche fine de bœuf dans leur bon petit pain rond. Le temps s’est arrêté à Pomarao, Un allemand attablé nous explique qu’il est arrivé il y a quelques années avec son bateau et qu’il y est resté avec sa femme. Il a vendu son bateau et semble laisser le temps s’écouler. Le contact est facile avec tous les gens de cette petite terrasse suspendu.
Autrefois des minerais étaient extraits et descendaient le Guadiana en bateaux. Aujourd’hui au premier abord tout est joli dommage qu’on ne puisse pas se baigner dans le fleuve car il fait très chaud.
Nous repartons le surlendemain à 6h30 pour profiter du courant descendant qui nous pousse à 7 N sous le pont que nous passerons à 10h .
