L’étape du jour est longue de 65 miles, nous partons donc tôt à 5 heures. Le vent d’ouest/sud-ouest force 3 nous permet de tenir une vitesse supérieure à 5 nœuds sous GV et génois.
A 15 heures 30 tout va bien, il fait beau, presque chaud et le bateau avance bien quand nous accrochons une bouée de casier avec un safran. La bouée était peu visible avec la houle et les reflets du soleil sur la mer, nous l’avons vue trop tard. Aussitôt accroché nous affalons tout. Une tentative prudente au moteur ne nous permet pas de nous libérer, il faut couper le bout très tendu à la scie à métaux.
La chaîne de casier reste amarrée à la seconde bouée et le propriétaire pourra récupérer ses casiers.

A 18 heures nous entrons dans le Fjord de Kilary. Il s’agit du seul vrai Fjord d’Irlande, c’est-à dire une ancienne vallée glaciaire. Nous entrons avec le courant et passons entre des berges souvent boisées, surmontées de hautes collines. Après avoir parcouru 6 miles, nous attrapons une des 9 bouées jaunes libres dans la baie de Leenane. Nous sommes trois bateaux dans cette grande baie, bien protégée, à la fin du mois de juin.

Le village est, à l’image du vieux port de pierre, minuscule et très touristique avec une épicerie, un hôtel restaurant, un coffee shop et deux magasins de cadeaux-souvenirs. Les guides mentionnent que Leenane est le point de départ de plusieurs chemins de randonnée balisés. Nous n’avons pas trouvé ces points de départ, mais ici tout le monde est en voiture et nous avons pensé que les points de départ des randonnées se trouvaient peut être à quelques kilomètre sur la route.


La journée du 24 et le 25 nous restons bloqués à bord avec un fort vent de sud qui ne descend jamais en dessous de 25 nœuds, le débarquement dans la bassine (notre annexe) semble trop risqué.

Notre technique de prise de bouée avec le bout plombée, qui nous semblait inratable, est prise en défaut, car la partie immergée des bouées est recouverte de longues algues qui empêchent le bout de couler, il tient quelques secondes puis, sous la traction, glisse. Ce n’est qu’au 3ème lancer que le bout accroche la chaîne de la bouée. Un goéland, probablement intrigué par nos manœuvres, vient voir de tout près.


