Chronique d’un voyage ordinaire de Ferragudo à Logonna le vendredi 4 juillet 2014

Certains marins prétendent qu’il ne faut pas partir un vendredi

Après avoir passé l’été dernier en Mer du Nord, l’automne et l’hiver aux Canaries et le printemps aux Açores nous avons décidé de passer cet été en Bretagne , à la maison. Nous pourrons apprécier la meilleure saison ici et éviter la cohue des ports et mouillages méditerranéens, les grosses chaleurs et la flambée exorbitante des prix l’été. Patrick et Marie sur leur bateau Gavroche sont à Ibiza et nous communiquons régulièrement avec eux par Skype, ils nous ont dit il y a quelques jours que pour leur bateau de 11 mètres le prix d’une nuit au port d’Ibiza était passé de 100€ au 30 juin à 200€ au premier juillet.

Nous prévoyons donc de venir à Logonna 4 à 6 semaines entre la première quinzaine de juillet et la mi-août. L’histoire commence par le recherche sur internet d’un lieu d’estivage et de billets d’avion . C’est Anté qui s’y attelle et passe plusieurs heures par jour pendant une semaine au mois de mai pour trouver un port à sec sécurisé et pas trop cher avec un transport vers Brest pratique et bon marché. Notre choix se porte sur Portimao au Portugal avec un vol de Faro à Orly à 12,95 € HT et des correspondances à prix abordables pour le voyage aller retour de Faro à Brest du 4 juillet au 14 août.

Reste à trouver une voiture pour un peu plus d’un mois, car vivant maintenant les 9/10ème du temps sur le bateau nous n’avons plus de voiture en Bretagne. C’est finalement le super U de Gouesnou qui fait le meilleur tarif, plus de la moitié moins cher qu’un loueur low cost de l’aéroport

Après huit jours de mer, tout au portant, entre les Acores et le Portugal, nous arrivons à Portimao le 26 juin avec une semaine pour organiser l’estivage. Il nous faut aussi trouver un moyen de transport de Portimao à l’aéroport de Faro qui est à plus 60 km. Initialement nous avions prévu de louer une voiture à Portimao et de la rendre à l’aéroport ce qui permettrait de faire un peu de tourisme la veille du départ. Début juillet, une fois le bateau à sec et bien calé sur son ber, nous partons à la recherche du transport idéal qui nous permettra d’arriver vers 7 heures moins le quart à l’aéroport, l’avion d’Easy Jet décolle à 8h15. Première déconvenue les transports en commun : train et car sont très chers et ont des horaires qui ne conviennent pas, on se dirige alors vers les loueurs de voiture, les prix sont des prix haute saison 3 fois plus chers que ceux des îles d’où nous venons. Nous finissons par trouver dans une agence de voyage une entreprise de transfert vers l’aéroport qui fait des prix raisonnables. Ce transporteur prend les personnes devant leur domicile et les conduit à l’aéroport de Faro avec un départ 4 heures et un départ à 7 heures du matin. Nous prenons donc rendez-vous pour le 4 juillet à 4 heures du matin devant la station de lavage de voiture située à la sortie de notre chantier.

2014-07-02 10h30 Ericante au chantier à Ferragudo

Satisfaits d’avoir terminé toutes les réservations nous allons déjeuner au restaurant et à la fin du repas je vérifie le billet que nous a remis l’agence de voyage et constate que la date inscrite sur ce billet est le 7 juillet à 4 heures et pas le 4 juillet. Nous retournons donc à l’agence de voyage, elle est fermée et ne rouvre qu’ à 16 heures. Promenade en vélo sur le front de mer puis bistrot avec Wifi nous aident à attendre l’heure de l’ouverture vespérale. Là l’employée de l’agence, qui parle bien français, me dit qu’il s’agit juste d’une faute de frappe mais que la réservation a bien été faite pour le 4 juillet.

Ça y est le jour du départ est arrivé. Nous avons bien fait de ne pas louer de voiture à Portimao car nous avons été occupé sur le bateau toute la journée du 3. Le 4 je me réveille à 2 heures et quart, 10 minutes avant que ne sonne le réveil. Derniers rangements et fermeture du bateau, puis nous quittons le chantier de gardiennage à 4 heures moins 25 pour arriver à la station de lavage, lieu du rendez-vous à 4 heures moins 5

A 4 heures et quart, personne. Il y a sur le billet 3 numéros de téléphone. J’essaie le premier et tombe sur un répondeur qui parle très vite en portugais et propose probablement de laisser un message. Le troisième numéro commence par un 9 ce qui est, je crois, l’indicatif des mobiles au Portugal. Je tente ce numéro, quelqu’un décroche puis une succession de bruits divers semble indiquer que je viens de réveiller mon correspondant. Après avoir expliquer en anglais que nous sommes français et que nous attendons une navette la personne nous répond en français qu’elle va voir ce qu’elle peut faire et qu’elle nous rappellera. Dix minutes plus tard un coup de téléphone nous apprend que le chauffeur ne s’est pas réveillé mais que nous aurons quelqu’un dans 5 à 6 minutes.
Deux autres coups de téléphone nous annoncent l’arrivée imminente de la voiture qui viendra finalement nous prendre à 5 heures moins 5 pour nous déposer à l’aéroport de Faro une heure plus tard.

Arrivés dans le hall de l’aéroport avec un avance confortable, le panneau d’affichage des départs indique que le vol pour Paris Orly est retardé, ce qui ne nous arrange pas car nous n’avons qu’une heure entre l’arrivée à Paris et le départ pour Brest.

A 7 heures le retard annoncé n’est plus que de 7 minutes. A la douane les douaniers tiquent un peu sur un flacon de liqueur d’ananas et un gâteau au chocolat de chez Peter des Açores , mais la bouteille fait moins de 100ml et le gâteau est dur donc on passe. L’avion arrive à 8 heures moins dix et le derniers passager débarque à 8 heures. Dans la file d’attente un jeune portugais anxieux de 20 ans nous explique qu’il prend l’avion pour la première fois parce qu’il est invité par le Lion’s club à passer un mois à Paris où il sera reçu à l’École Centrale. Il a participé à un concours et a gagné, il est étudiant en gestion hôtelière.
Derrière nous il y a un monsieur qui porte à la boutonnière l’insigne du Lion’s club. Je le mets en relation avec le jeune lauréat du concours.

L’avion décolle avec un peu de retard qu’il rattrapera en vol, mais il va atterrir à Orly sud et devons embarquer pour Brest à Orly Ouest. L’hôtesse de l’air nous dit que nous aurons largement le temps
pour être à l’heure à l’embarquement pour Brest, d’autant que l’avion n’est pas plein et que le débarquement sera rapide. On peut se demander comment Easy jet peut s’en sortir avec un avion a moitié vide et le prix dérisoire que nous avons payé?

Arrivés à l’heure à Orly Sud, nous allons rapidement à Orly Ouest avec une bonne avance (heureusement). A la douane le douanier, comme son collègue portugais, tique sur la bouteille et le gâteau, pour la bouteille pas de problème car elle a la contenance réglementairement admise, mais le gâteau est devenu mou et il ne peut pas l’accepter, il faudrait demander au chef, mais le chef n’est pas là pour le moment. Le douanier nous conseille si l’on ne veut pas abandonner notre gâteau de faire enregistrer le bagage. Si le truc mou était un explosif serait-il moins dangereux dans la soute qu’en cabine? Nous sommes bretons têtus nous voulons garder ce gâteau typique!

gateau acorien

Nous ressortons donc de la salle d’embarquement derrière une queue très longue devant les bureaux d’enregistrement. Après avoir expliqué que notre avion décolle dans une demi-heure nous pouvons avancer dans la file prioritaire où l’on fini par accéder au comptoir et déposer notre bagage.
Mais il faut payer 30 € pour le gâteau et au bureau d’enregistrement des bagages ils n’acceptent ni le règlements en espèces ni les cartes de crédit, il faut aller à une borne. A la borne il y a une personne pour aider qui nous demande la carte de crédit l’introduit dans la machine et tape le numéro du billet et du bagage, mais cette borne ne fonctionne pas, la carte n’est pas reconnue. Il faut recommencer et ça marche. Nous pouvons retourner à la douane enlever de nouveau la ceinture, sortir les clés et le téléphone discuter avec un monsieur transportant un chat juste à temps pour embarquer dans l’avion pour Brest.

Le pilote fait les annonces en français en breton et en anglais. Il slalome entre les cumulonimbus et pose l’avion à l’heure à Brest où il pleut.

Le chauffeur taxi qui a une BMW haut de gamme n’est pas très heureux de nous prendre pour une si petite course et nous dépose au superU de Gouesnou où pendant des formalités un peu longue Anté fait les courses pour la semaine. Nous arrivons à Logonna à 16 heures 30 comme prévu.

 

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